Les portes de papier
Les premiers vrais défis
Ici, les constructions diffèrent sensiblement de celles du Canada. Pour simplifier, les portes-patio et les fenêtres sont faites de papier ! Cela impose des adaptations notables.
D’abord, Buenos Aires est une ville normale au centre-ville : bruyante! Particulièrement en journée. Le réseau de transports en commun, très efficace, génère un trafic intense d’autobus. Le ronronnement d’un moteur d’autobus ne passe pas inaperçu. Sur la rue transversale à notre appartement, les lignes se succèdent toutes les 3 à 5 minutes et il a peut-être 5 à 7 lignes, comme la 101, la 108 ou la 59. Les premiers jours, ce bruit continu nous a incommodés au point de perturber nos repas du soir et nos premières nuits de sommeil.
Avril a été exceptionnel en termes de température et de climat : plus que fabuleux. Un peu chaud au soleil, frais à l’ombre, parfait.
Jusqu’alors, j’appréciais les défis quotidiens de notre voyage : de petites énigmes à résoudre pour optimiser notre confort et nous adapter à cette nouvelle région. Mais la semaine dernière, le plaisir s’est brusquement tari.
Quelques nuits avant le 7 mai, les températures fraîchissaient idéalement pour dormir. Nous utilisions jusque-là la climatisation de jour, et parfois la nuit. L’automne argentin s’installait doucement ; plus besoin de rafraîchir la chambre.
Puis, le 8 mai, coup de froid soudain ! Une nuit exceptionnellement froide pour le mois de mai. À 4 degrés Celsius (température ressentie), les portes-patio en papier ne suffisaient plus. L’air s’infiltrait un peu, refroidissant la pièce et le plancher. En pleine nuit, je me suis levé en panique mentale, dans le noir pour ne pas réveiller Geneviève, afin de sortir les couvertures prévues par la propriétaire de l’Airbnb et allumer la thermopompe. Nous avons ainsi eu un avant-goût de l’hiver argentin.
Pour ma peau fragile, l’attaque fut précise, chirurgicale. Le froid m’a agressé de plein fouet, déclenchant une crise d’eczéma généralisée. Les démangeaisons m’ont tourmenté plus d’une semaine, avec des allers-retours à la pharmacie pour des crèmes et médicaments apaisants. J’ai même craint de manquer l’école le lundi, tant la douleur était vive pendant la première fin de semaine.
J’ai gardé le moral : un défi de plus à la liste, certes de taille. Je souhaitais toutefois ardemment que cela ne s’éternise pas au-delà de deux semaines. Être malade à l’étranger est le pire cauchemar. C’est alors qu’on mesure l’importance d’une gestion régulière des habitudes quotidiennes – y compris les selles! Chez moi, l’irrégularité combiné au froid ont favorisé cette crise d’eczéma (d’après mes modestes connaissances médicales en la matière). Notre nourriture, les savons et notre rythme de vie changent ; le corps doit s’ajuster.
Ma peau est un point faible dans ce projet de voyage, mon talon d'Achille potentiel. À long terme, pour ma part, c’est sûrement ce point qui pourrait faire changer les destinations à visiter.
Depuis, j’ai trouvé des solutions simples pour réguler la température : fermer les volets mécaniques et activer la thermopompe en mode nuit pour une chaleur minimale. C’est comme les premières nuits dans une nouvelle maison : nouveaux bruits, nouvelles surprises et routines à adopter.
Je vais mieux désormais. Le plaisir reprend.




