Jour J moins 24
20 jours depuis que j'ai terminé de travailler.
Comme vous savez, notre départ approche à grands pas. J’ai pensé faire cet article, car on me pose souvent les mêmes questions. Aussi, ça va me permettre d’avoir un souvenir de ce moment unique. Arrêter de travailler pour de bon, ça n’arrive pas souvent dans une vie. Alors, je commence.
Depuis le 1er mars, je suis retraité et je me fais toujours demander comment c’est de ne plus travailler. Pour le moment, je ne sais pas trop encore. Je ne réalise pas. Je me sens un peu en vacances, mais pas trop, car j’ai beaucoup de tâches à faire avant le départ. Je suis vraiment occupé, donc pour le moment ça va. Depuis une dizaine de jours, je constate des changements physiques et mentaux. Je dors mieux, je prends conscience que j’étais vraiment stressée. Si je me réveillais la nuit, mon cerveau pouvait partir en vrille et je passais vraiment trop de temps éveillée durant la nuit. Aussi, je rêvais beaucoup du travail, que je faisais des erreurs. Tout cela perturbait mes nuits. Maintenant, je dors une nuit complète. Aussi, quoi de mieux que de se lever sans cadran? Je ne me lève pas très tard, mais je dors environ une heure de plus le matin, et ça, c’est le rêve. Je constate aussi que j’ai vraiment moins de problèmes de tunnel carpien et de bas du dos. Je sais, mon travail était physique, mais prendre conscience des bienfaits si rapidement sur mon corps, je n’y crois pas. Si moi, je ne réalise pas encore que je ne travaille plus, mon corps, lui, me remercie.
Est-ce que je suis stressée de partir? C’est une autre question qu’on me pose souvent. Je dirais oui et non. Plus le moment du départ approche, plus je me sens bien. Oui, tout cela représente beaucoup de changements et j’ai de petits deuils à faire. En gros, je me sens bien. Nous sommes bien préparés, ça évite les imprévus, donc moins de stress. Aussi, partir cinq mois, ce n’est pas si stressant. J’ai déjà fait deux et trois mois, plus jeune, dans d’autres circonstances, mais ça s’était bien passé, donc j’ai confiance. Nous avons un beau projet, on ne se met pas trop de stress; si notre plan change, c’est correct aussi. Ce que je veux, c’est voyager et avoir du plaisir. C’est notre plan, conçu par nous et pour nous. Donc, il n’y a pas de compétition ni de comparaison.
Est-ce que je vais m’ennuyer? Probablement, c’est la réponse rapide. Avec la technologie d’aujourd’hui, garder contact est vraiment simple. Je vais voir mes amis et ma famille de façon virtuelle. Je vais avoir des nouvelles quand même. Je le sais, c’est facile : j’ai une amie en Australie et j’ai autant, sinon plus, de nouvelles d’elle depuis qu’elle est partie, car on prend le temps — donc tout est possible. Une autre chose que je fais avant le départ, c’est de vraiment vivre le moment présent. Je prends le temps de voir mes proches. J’apprécie chaque moment. Rien que cela fait déjà une grande différence pour moi. À travers ces beaux moments, je vis de petits deuils ou des dernières fois, et j’accepte aussi ces émotions. Cette semaine, c’était la première fois en vingt ans que je ne m’inscrivais pas à mes cours à la piscine. Ça me fait vraiment étrange, mais je profite à fond de mes derniers cours d’ici la fin du mois. Pareil avec mes amis : je passe du temps avec eux et je sais qu’on va se revoir dans cinq mois, à mon retour. Je vois le côté positif des choses, et c’est plus facile à vivre.
Au final, je suis rendue en haut de la montagne et j’ai vraiment hâte de me lancer dans le vide.



